« Une petite fille depuis sa fenêtre à Parral dans le nord du Mexique voit passer des cavaliers dans sa rue. Ils s'arrêtent, parlent aux enfants, s'entretuent, se saoûlent en chantant leurs exploits. L'enfant admire les héros, contemple avec ravissement le cadavre d'un homme exécuté sous ses yeux, pleure ses amis indiens morts au combat [...] » Brefs, tendres, morbides, ces récits sont nés des souvenirs de l'auteur, d'histoires racontées par sa mère et d'autres aînés. Nellie Campobello a décrit ce que nul autre ne voulait décrire: les moments les plus meurtriers de la guérilla de Pancho Villa contre les troupes de Carranza entre 1916 et 1920 dans le nord du Mexique. Ces fragments de mémoire sont l'unique témoignage d'un regard d'enfant sur ces faits de guerre qui ont marqué a jamais la mémoire mexicaine. Nellie Campobello, seule femme a avoir écrit sur la révolution villiste, romancière et chorégraphe, a inauguré un style lapidaire qui plus tard aurait pu inspirer Juan Rulfo. Cartouche est devenu un classique de la littérature mexicaine et une oeuvre du patrimoine. Traduit de l'espagnol (Mexique) et présente par Florence Olivier. Biographie de l'auteur Nellie Campobello Un grand mystère entoure la vie et la mort de Nellie Campobello, personnage majeur de la littérature méxicaine. Née en 1900 ou 1909 à Ocampo,elle a grandi dans le contexte de la lutte révolutionnaire de Pancho Villa. Danseuse, chorégraphe, écrivain, elle a publié en 1931 Cartouche, le roman de la révolution villiste, à partir de souvenirs de son enfance. En 1937, Les mains de la mère, ainsi que des poèmes et une Vie de Francisco Villa. Femme à la personnalité magnétique et de feu, elle a fortement marqué ses contemporains. Les circonstances de sa mort en 1986 demeurent obscures et nourrissent l'image d'une personnalité encore insaisissable. Son oeuvre réunie permet à la jeune génération une redécouverte enthousiaste.