Le XVIIIe siècle, après deux siècles fortement marqués par la Réforme catholique post-tridentine, apparaît comme une période riche de sens, particulièrement pour l'architecture religieuse. En effet, il constitue un siècle de fort aménagement liturgique dont la mise en place de maîtres-autels "à la romaine" en constitue le fait le plus marquant, mais non exclusif. A travers l'étude de Marseille et d'Aix, ce livre propose d'aborder le mobilier religieux sous des angles variés et complémentaires: tout d'abord comme objet de commande, pour déterminer les obligations juridiques, les types de besoin et les aspirations des clients, tout comme les rapports entre les différents protagonistes, la place de l'artiste, le déplacement de la formation et des pratiques du travail vers de nouvelles organisations (Ecole, Académie) qui renouvellent et élargissent les anciens réseaux. Le mobilier est ensuite appréhendé au sein de l'architecture religieuse sous l'angle du matériau, des formes et des emplacements choisis qui révèlent la logique interne des oeuvres. Enfin, sous l'éclairage d'une pensée à la fois théologique et esthétique, l'étude de l'espace ecclésial permet de déterminer une tentative de remise en ordre et d'évaluer la distance entre théorie et pratique. Biographie de l'auteur Emilie Motte-Roffidal est docteur en histoire de l'art moderne de l'Université Paris IV-Sorbonne et ATER à l'Université de Provence. Elle a publié, Les stalles et la chaire de la basilique de Saint-Maximin, Marseille, La Thune, 2000; Splendeurs de la basilique de Saint-Maximin, Aix-en-Provence, Edisud, 2001.