«... un père... ce trouble miroir... nous le regardons fixement, nous croyons l avoir mis à nu et en triompher, quand ce n est que notre reflet qui nous a ébloui, et par lui nous méconnaissons notre cécité permanente... ». C est ainsi que le narrateur évoque son propre père. Il pense l avoir mieux connu à travers ses carnets intimes, lesquels rapportent « Une année scolaire » singulière vécue par tous deux. Vingt ans auparavant... Dans un même lycée, d ambiguës relations de père à élève, et de maître à fils. Le fils qui vit des amours lycéennes ordinaires, quand le père veut croire possible encore de revivre les siennes. Ce n est pas le récit d une nouvelle, banale et triviale histoire d amour entre le maître et son élève, mais celui de la naissance et de la croissance d un sentiment amoureux, tour à tour combattu et accueilli, de septembre à juin, dans l esprit tourmenté d un être que la vie a désabusé. « On n est pas sérieux quand on a dix sept ans. » On peut ne pas l être davantage à quarante.