Au niveau mondial, le secteur de l'élevage contribue à hauteur de 40% à la production agricole, assurant ainsi une part importante de l'approvisionnement alimentaire de la planète. Les pâturages et terres cultivées pour la production de fourrage représentent ainsi près de 80% de la superficie agricole totale (FAO, 2009a). Sur les 3,9 milliards d'hectares que recouvre ce secteur, 3,5 milliards sont des prairies, ce qui équivaut à 26% des terres émergées libres de glace. Dans le contexte européen et français, différentes nomenclatures portant sur l'occupation du sol existent, ce qui engendre des incertitudes sur le classement des surfaces en herbe parmi les terres agricoles ou parmi les milieux semi-naturels. Les données Eurostat disponibles pour l'ensemble de l'Europe font appel à la notion de surface agricole utile, terme incluant les terres arables (cultures irriguées ou non), les cultures permanentes de type vergers, vignobles et les prairies permanentes (c'est-à-dire dont la durée de vie est d'au moins 5 ans). Ainsi, les données de 2007 recueillies sur l'Europe des 27 indiquent que la surface agricole utile représente 40% de la surface totale, les prairies permanentes comptant pour un peu plus de 13% de cette surface totale (European Commission, Statistical Office of the European Union, 2010). Les données issues du dernier inventaire Corine Land Cover, CLC2006 (EEA, 2007), révèlent que les terres agricoles sont la composante majeure de nos paysages avec 60% du territoire métropolitain occupés (Service de l'Observation et des Statistiques, 2010). Dans cette nomenclature, les terres agricoles correspondent à l'ensemble des composantes décrites pour la surface agricole utile européenne (terres arables, cultures permanentes et prairies permanentes) auxquelles s'ajoutent les zones agricoles hétérogènes mêlant par exemple production herbagère et production sylvicole (prés-bois, etc.). Notons que seules les prairies permanentes, productives et généralement dominées par les graminées («Surfaces toujours en herbe») sont incluses dans ces territoires agricoles. Après ces zones, ce sont les forêts et autres milieux semi-naturels, incluant les pelouses et les pâturages naturels faiblement productifs, qui occupent le paysage français à hauteur de 34% de la surface des terres émergées (Service de l'Observation et des Statistiques, 2010). La totalité des surfaces en herbe, quelque soit leur productivité, représente ainsi 42% des surfaces agricoles en France (Encadré 1). Les différents types de systèmes prairiaux seront inclus dans cette revue, à savoir les prairies de fauche, permanentes ou temporaires, les pâturages, y compris les estives (pâturages de montagne où séjournent les troupeaux en été, photo 1.2), les parcours (surfaces en herbe de très faible productivité utilisées par les troupeaux de bovins ou d'ovins), les prés-bois, etc. (Mazoyer, 2002). L'accent sera toutefois mis sur les prairies permanentes. Même si elles ne sont pas toujours classées dans cette catégorie, les prairies permanentes (fauchées et/ou pâturées) sont avant tout des écosystèmes semi-naturels, dont les composants biologiques sont essentiellement d'origine naturelle, mais qui sont maintenus ouverts et entretenus par les activités humaines. Les définitions relatives à ces prairies permanentes varient d'ailleurs fortement avec le cadre spatial considéré (région, France, Europe, etc.) et l'institution à l'origine des données (Encadré 2).