Extrait de la préface de Stéphane HILAND, Vice-président de la Société d'Archéologie et d'Histoire la Mayenne.
Un témoignage précieux au sujet d'une guerre méconnue
Le visiteur curieux qui parcourt les allées du cimetière de Vaufleury à Laval peut voir son attention attirée par un imposant monument dont la forme d'obélisque renvoie à une fonction solennelle. Planté en terre telle une épée et marqué par la figure martiale de la Patrie au pied de laquelle gît le corps sans vie d'un homme, cet édicule en calcaire marque l'emplacement de la sépulture collective de 504 soldats français. Construit par l'architecte Léopold Ridel, il témoigne de l'hommage porté par les Lavallois de la Belle Époque aux victimes de la guerre franco-prussienne de 1870 et atteste du traumatisme engendré par le premier grand conflit de l'ère moderne.
En effet, si l'on a peine aujourd'hui à l'imaginer, il faut néanmoins souligner que les événements de l'hiver 1870-1871 ont agi sur l'esprit des contemporains comme un révélateur de la faiblesse militaire française. Napoléon III, rapidement vaincu à Sedan, en a fait les frais en étant poussé à abdiquer avant que les dirigeants de la toute jeune IIIème République ne soient à leur tour confrontés à l'avancée d'une armée d'invasion sur le sol français. Sous les ordres du général Chanzy, l'armée de la Loire tente alors de constituer le dernier rempart susceptible de préserver l'intégrité du territoire national. Le 18 janvier 1871, à Saint-Melaine, les volontaires de la garde mobile se joignent aux soldats des 27e et 88e régiments de mobiles pour repousser l'ultime assaut prussien. Au terme d'un combat opiniâtre, c'est aux portes de Laval que les troupes françaises mettent fin aux opérations militaires d'une guerre qui aura duré en tout et pour tout sept mois mais qui aura marqué durablement les esprits.