Dès le début de la guerre, les bâtiments de grande taille sont réquisitionnés pour abriter les réfugiés belges ou alsaciens-lorrains. Ce sont souvent des locaux ecclésiastiques car ils ont le volume nécessaire et beaucoup ont été libérés par la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État. Avec les arrestations massives des premières semaines du conflit, on crée à la hâte plus de 70 camps d'internement, dont quelques-uns en outre-mer, en Algérie et au Maroc. A la fin de la guerre, le nombre de ces établissements dépasse la centaine. Au total, ce sont environ 60 000 personnes qui sont dirigées vers ces lieux d'internement, souvent après un premier séjour dans un camp de triage, comme ceux de La Ferté-Macé, dans l'Orne, de Fleury-en-Bière, en Seine-et-Marne, et de Besançon, dans le Doubs. La liste des principaux camps est jointe en annexe, à la fin de l'ouvrage.
Tous ces camps ne sont pas forcément clos. Il existe des dépôts, comme à Mamers dans le nord de la Sarthe, où les futurs internés attendent d'être évacués vers un camp de concentration et sont relativement libres de leurs mouvements. Ils peuvent même sortir sous certaines conditions.