Le «drame de Munich» s'est produit le 29 septembre 1938.
Les causes en demeurent encore dans le souvenir de ceux qui ont vécu cette époque.
La France s'était engagée à porter aide à la Tchécoslovaquie dans le cas d'une agression allemande. En échange, si l'Allemagne attaquait la France, la Tchécoslovaquie devait se ranger à ses côtés. Or, en deux temps, l'Allemagne a dépecé la Tchécoslovaquie; refusant de tenir sa parole, la France abandonne son alliée à son sort.
La foule, accueillant au Bourget Daladier de retour de la Conférence, acclama cette trahison ratifiée par le Parlement: 535 voix contre 75 (les 73 députés communistes, un socialiste et Henri de Kérilis, du Centre des Républicains nationaux).
Un mot de Léon Blum traduit mal l'attitude du pays tout entier: «Je me sens partagé entre un lâche soulagement et la honte...» La honte fut en réalité bien vite oubliée.
La paix à tout prix... («dans l'honneur et la dignité» prétend Paris-Soir!) même à celui des abandons successifs: Mussolini a mis la main sur l'Albanie, six mois après, le jour du Vendredi Saint 1939. Une semaine plus tard, Hitler repose le principe du corridor polonais, mettant ainsi en lumière la collusion de l'Allemagne et de l'Italie réunies à la vie à la mort par un «Pacte d'acier».
Reste une inconnue: que fera l'Union Soviétique dans le cas d'un conflit avec "Allemagne? La réponse en est fournie le 23 août par le pacte de non-agression germano-soviétique: la guerre peut commencer sans avoir été déclarée, par l'invasion de la Pologne le 1er septembre à 5h45. Elle va durer six ans et un jour."