Extrait de la préface de Jacques-Guy Petit, Professeur d'Histoire et Civilisations des Mondes Contemporains, (HIRES-Université d'Angers:
Quand l'UNESCO, en novembre 2000, a classé le Val de Loire parmi les 690 sites mondiaux à «valeur universelle exceptionnelle», il a précisé qu'il le retenait surtout pour ses remarquables qualités de «paysage culturel». 2 % seulement des sites mondiaux appartiennent à cette catégorie mixte, plus large que les autres qui ne sont classés que parmi les paysages naturels ou les sites culturels, ces derniers se définissant par leur grand intérêt architectural.
La valeur universelle ainsi reconnue à la «Ligérie», pour reprendre l'expression d'André Schule, se fond sur tout ce qui a façonné et tout ce qui constitue encore aujourd'hui le Val de Loire: une histoire bimillénaire, une architecture et des arts prestigieux, la beauté des paysages et des couleurs, un climat particulier, de même qu'un art de vivre et un ensemble d'activités humaines très diversifiées. Cette reconnaissance nuance fortement la vision romantique d'une Loire «dernier fleuve sauvage d'Europe». Depuis l'Antiquité, des générations d'hommes et de femmes, pas seulement les rois et les artistes, mais aussi les bateliers et les paysans, tous les travailleurs du fleuve et de ses environs, ont marqué la Loire et sa vallée. Il suffit d'évoquer les travaux de Sisyphe des levées et des digues.