Extrait
LES ARMES DE VENISE
1. Conseil de guerre
1.1.Le Doge, un conseiller, un sénateur.
LE DOGE. - Combien ?
CONSEILLER. - Cent sept.
LE DOGE. - Cent sept... Le précédent message disait cent quarante.
SÉNATEUR. - Et celui d'avant deux cents...
LE DOGE. - Où est Brabantio ?
SÉNATEUR. - On l'attend...
LE DOGE. - Cent sept... Pourquoi ces chiffres bougent-ils sans cesse ?
Conseiller. - Ils ne bougent pas, Monsieur le Doge, Ils diffèrent en fonction de la position des observateurs, hors marge d'erreur :
Montano est plein est, Angelo plus au sud, Lodo-vico -
LE DOGE. - Et qui devons-nous croire ?
Un temps.
CONSEILLER. - Je ne sais pas, Monsieur.
LE DOGE. - C'est absurde. S'ils observent une seule et même chose,
Qu'ils nous donnent un seul et même chiffre !
CONSEILLER. - La moyenne est de cent quarante-neuf.
SÉNATEUR. - Oublions les chiffres.
LE DOGE. - Venant d'un marchand vénitien, Cette proposition est surprenante, Sénateur.
SÉNATEUR. - Ce sont des navires de guerre !
Ils peuvent être deux cents, cent quarante-neuf ou cent sept,
Une flotte turque reste une flotte turque.
Et celle-ci se dirige droit sur Chypre.
LE DOGE. - Ça, nous le savons.
SÉNATEUR. - Alors il faut intervenir.
(...)