Aperçu géologique et agricole sur le département de Loir-et-Cher. - Blois: antiquité, histoire, monument, situation actuelle. - Cantons de Blois est et ouest. - Canton d'Herbault. - Marchenoir et son canton. - Canton d'Ouzouer-le-Marché. - Mer; la ville, le canton. - Canton de Bracieux; Chambord, construction, fastes, état actuel; diverses localité. - Canton de Contres. - Canton de Montrichard. - Canton de Saint-Aignan.
Le département de Loir-et-Cher est formé, comme nous l'avons dit précédemment, d'une partie du pays chartrain comprenant le Vendômois et le Blésois, d'une portion du Berry (la Sologne) et d'une portion plus petite de la Touraine. Les rivières du Loiret du Cher, dont il tire son nom, coulent, la première dans sa partie septentrionale, la seconde, dans sa partie méridionale. Beaucoup d'autres cours d'eau arrosent ce territoire, indépendamment de la Loire, qui le traverse au nord-est au sud-ouest; les principales rivières après celles susmentionnées, sont le Cosson, le Beuvron, la grande et la petite Sauldre, le Faison et la Bièvre. Le département que nous abordons, sans offrir aucune montagne remarquable, est généralement accidenté, à l'exception du plateau qui forme l'extrémité de la Beauce. Les coteaux du pays sont pour la plupart tapissés de vignobles. Cette contrée présente une superficie considérable couverte de forêts: on peut l'évaluer à soixante-dix mille huit cents hectares. Les meilleurs terrains du département sont ceux des cantons de l'arrondissement de Vendôme et de celui de Blois qui appartiennent à la Beauce: terrains formés d'argiles grasses, compactes, abondantes en humus, et très propres à la culture des céréales. Il n'en est point ainsi des terres du Perche, région fortement ondulée, coupée de collines boisées, de vallons sinueux, de ruisseaux limpides, de haies exhaussées sur des remparts de terre, et servant à séparer les possessions, enfin de profonds et sombres ravins, au fond desquels mugissent des eaux torrentueuses. Au temps de César, ce pays, d'un aspect non moins austère que pittoresque, était habité par les Aulerques et les Diablintes, peuples aux habitudes actives, mais à la physionomie rude, à l'humeur irritable, à la foi suspecte, dont les traces morales ne sont pas encore entièrement effacées. Dans cette partie du département, les terres sont d'une qualité médiocre et peu productives en céréales; on les a cependant améliorées depuis un demi-siècle en les marnant. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit du sol de la Sologne dans nos précédentes descriptions; ces terres maigres, sablonneuses et à sous-sol perpétuellement humide, finissent aux limites des cantons de Contres et de Saint-Aignan. Là commence un sol argileux, beaucoup plus fertile que celui de la Sologne: c'est déjà la riante Touraine, avec ses plateaux boisés, ses champs de blé, ses vertes prairies, ses coteaux abaissant avec mollesse jusqu'aux rivières leur parure de vignobles ou de vergers. La même nature de terrains, le même aspect de sites, se retrouve, mais sur une plus vaste échelle, dans le Blésois proprement dit: aux bords du Cher, ce sont d'admirables paysages compris dans une suite de petits cadres; aux rives de la Loire se déroulent les pages splendides de la création.