Peuples de l'antiquité qui ont occupé l'Orléanais et le Blésois. - Le royaume d'Orléans.- Comtes de Blois et d'Orléans. - Précis général sur leur gouvernement. - Duché d'Orléans. - Réunion à la couronne. - Seigneurs apanagistes.
Il n'est pas facile de fixer, d'une manière précise, la délimitation des pays qu'occupaient, dans les Gaules, les peuples de cette vaste contrée avant l'invasion romaine: délimitation sensiblement modifiée par les divisions territoriales qui se sont succédé durant la période gallo-romaine. On regarde cependant comme certain que la plus grande partie des deux départements que nous avons maintenant à décrire, appartenait à cette portion de la Gaule celtique appelée le pays des Carnutes, ou Chartrain, dont Autricum (Chartres) était la capitale. Toutefois, à l'est et au nord-est du département auquel le Loiret a donné son nom, s'étendaient les Senones; tandis qu'au sud les Bituriges poussaient leurs possessions dans la Sologne (Secalaunia) jusqu'à la rive gauche de la Loire, et occupaient ce littoral des plaines du Sancerrois aux limites du pays des Turons, qui possédaient quelques terres bornant aujourd'hui, au sud et à l'ouest, le département de Loir-et-Cher. Lorsque Jules César conquit la patrie des Carnutes, elle s'étendait à l'ouest jusqu'aux confins, de l'Armorique: le Maine, l'Anjou et une partie de la Touraine en dépendaient. Sous les Romains, ce territoire fut de beaucoup resserré: Il ne comprit plus que ce qui devait former plus tard les évêchés de Chartres et d'Orléans. Dans cette situation, les peuples soumis aux conquérants, sous le nom de Carnutes foederati, dépendirent de la quatrième province Lyonnaise (Sens). Cette nation, au rapport de Tite-Live, fournit un contingent considérable au Celte Bellovèse lorsque, six siècles avant l'ère chrétienne, il passa les Alpes et fonda la Gaule cisalpine. Quand, par une de ces réactions si communes dans les annales du monde, les méridionaux surgirent à leur tour sur les contrées occidentales, les Carnutes secouèrent avec violence le joug romain, et ne le supportèrent patiemment qu'après avoir vu toute leur énergie se briser contre la puissante tactique des vainqueurs. C'est qu'au milieu de leurs plaines couvertes de bois, résidait le principal collège des druides ces prêtres législateurs qui, promoteurs de la foi civile, comme de la foi religieuse, régnaient en effet sur les peuples, puisqu'ils gouvernaient les souverains eux-mêmes. Or, il est aisé de concevoir qu'un tel sacerdoce, ayant prévu que l'anéantissement de son empire devait résulter de la conquête, dut exciter les populations à la plus persistante défense.