Enfermé dans son cabinet de travail ayant vue sur la Seine, Flaubert reste très tard la nuit à écrire, à travailler son style, à gueuler ses phrases dans son gueuloir, comme il dit, en quête du bon rythme, chassant les assonances et les répétitions. Comment ce fils de médecin, élevé à L'Hôtel-Dieu de Rouen, jeune rentier destiné au Droit, apprendra-t-il à mener le scalpel dans une toute autre discipline, la littérature ? Comment ce misanthrope notoire, vieil ours retiré du monde et de ses turpitudes, deviendra-t-il l'auteur des chefs-d'oeuvre que l'on sait ? Ce livre, à travers les 500 documents réunis, donne à voir la construction d'un destin littéraire sans égal. La vie de Gustave Flaubert, si elle s'est souvent posée contre son temps et contre son milieu (la médiocre bourgeoisie), s'est toujours mêlée à la compagnie des livres, ouvrages, albums, fascicules, libelles, opuscules, plaquettes, volumes, recueils, traités, récits, romans, chroniques, etc. Il y a les livres que Flaubert a lus et relus toute sa vie (Rabelais, Montaigne, Shakespeare) et qui ont forgé son amour pour la prose et ceux qu'il a utilisés abondamment pour l'écriture de ses oeuvres. Cet ouvrage met l'accent sur l'écrivain au travail, sur sa méthode, boulimique de lectures, compilant, annotant, composant, corrigeant sans cesse. De nombreux manuscrits méconnus (brouillons effrayants de L'Éducation sentimentale, de Madame Bovary ou de Bouvard et Pécuchet), des extraits inédits de la correspondance de Flaubert (lettres envoyées ou reçues, glosant sans cesse l'état d'esprit du romancier et l'état d'avancement des oeuvres : embardées, errements, doutes, pénibilité) et extraits de carnets accompagnent photos d'époque, articles de presse, gravures et objets.