Ça chante, ça exulte et jubile dans les haies près de la porte du jardin. C'est le merle qui pour lui tout seul donne son concert chaque matin.
Et chaque fois que les notes expirent, il puise sous la neige fraîche des forces nouvelles dans les pommes à demi pourries et les poires blettes qui moisissent et gèlent sur le fumier.
Il arrive que pour le poète il en aille de même. C'est d'un coeur plein d'humanité qu'il tire son chant et qu'il rend pur ce qui était trouble au-dedans.
Et parvient-il à composer de belles strophes claires, ce ne sont de sa vie que les heures sombres transmuées en musique et chants qui poussent la porte du ciel.
(traduction Albert Strickler, Jean Paul Gunsett et Jean-Paul Sorg)