Revue de presse
On peut lire des romans toute sa vie sans jamais s'intéresser à la théorie du roman. Cette indifférence n'est pas concevable à l'égard de la poésie, qui se nourrit constamment des questions qu'elle suscite. Tout poète, de quelque manière, témoigne de cette autoréflexion permanente et nécessaire. Et de ce vaste territoire de la pensée poétique, les 1001 définitions (en fait près de 700) que Gérard Pfister vient de rassembler et d'organiser témoignent à leur tour. Inédite à notre connaissance, la démarche est stimulante et pleine d'enseignements...
A qui s'adresse ce livre ? Certes aux lecteurs de poésie, mais aussi à ceux qui, par crainte ou préjugé, se méfient, hésitent, ou, mieux encore, ne lui reconnaissent tant de prestige que pour mieux s'écarter d'elle. Avec un respect qui ressemble fortement à du mépris...
Alors où ranger la poésie ? Et d'abord, est-elle seulement utile ? Seuls les esprits les plus vulgaires pourraient le penser... "La poésie n'est pas/une solution/ Aucune solution/ n'est une poésie", résume Serge Pey. Et si pour Goethe, dans "la sérénité et la conscience", elle trône au-dessus des partis, on ne peut taire sa force subversive. (Patrick Kéchichian - Le Monde du 31 octobre 2008 )