Voilà maintenant plus de vingt ans que la "question irakienne" est au centre d'une actualité dramatique. Soumis depuis 1990 à un embargo sans précédent, les Irakiens n'en finissent pas de payer la très lourde facture de l'édification d'un Etat-nation, voué à la glorification d'u passé mythique (Babylone) et à son rôle de "grande puissance" du monde arabo-musulman. Car si la civilisation dont est issu l'Irak plonge ses racines dans le limon sumérien, cinq mille ans avant notre ère, l'Etat par contre n'a pas un siècle d'existence. Né en effet de l'effondrement de l'Empire ottoman (1920), l'Irak moderne, indépendant depuis 1930, a forgé son identité dans l'anticolonialisme et le panarabisme.