IN VIVO, VERS UNE EXPLORATION DES LIEUX D'EXPÉRIMENTATIONS DU SPECTACLE VIVANT
«C'est ici que l'art, contre ses ennemis, se justifie en faisant éclater justement qu'il n'est, lui, l'ennemi de personne» Albert Camus, Actuelles II
In vivo, c'est l'histoire d'une suite. Une suite déposée au coeur même de ce que l'on nomme «spectacle vivant». Un circuit littéraire et critique né de la volonté de poursuivre l'entreprise, amorcée en 2011, avec Kinetica. Lieux d'expérimentations cinématographiques en Europe. Un deuxième volet où se dessine presque comme une «collection» dans la collection, au sein de celle qui, il y a peu, a soufflé sa vingtième bougie: «Politiques culturelles et territoires». Toujours cette rencontre entre la théorie et la pratique, entre le fond et la forme, entre le rythme et le souffle. Il s'agit, chaque fois, de «déblayer le terrain» et de proposer un état des lieux de l'art - importer et déminer les concepts - et de mettre en lumière la réalité des faits socioculturels, de les rendre palpables... Voilà où siège, depuis plus de vingt ans désormais, cette riche et passionnante aventure éditoriale! Parcourant ces lieux «inanimés» devenus vivants - réhabilitation de friches, appropriation territoriale et construction de zones de culture - ce livre témoigne d'une position et d'une pratique artistique (culturelle) qui tendent vers le principe même d'une «culture au pluriel». Il est difficile de présenter un tel objet sans répéter les mots entendus et que certains diront usés - ceux de démocratisation, d'émergence ou de métissage - mais c'est bien de cela qu'il s'agit et de ce qui est sans cesse à l'oeuvre dans ces espaces intermédiaires.
In vivo nous conte ces lieux. Un passage par La Gare Franche à Marseille, Mix'Art Myrys à Toulouse, Les Ateliers du Vent à Rennes ou, encore, Ramdam à Sainte-Foy-lès-Lyon, et tant d'autres aussi. Une invitation à les découvrir, à les reconnaître... Lieux de création et de transmission. Espaces publics dedans l'espace public et ouvrant leurs portes au «tout public». L'objectif ici est très clair: bâtir et affirmer un renouvellement artistique et un réel échange dans le domaine de la culture.
Tournons les pages, dès à présent, et découvrons les reportages in vivo! Qu'on nous autorise, ici même, à rendre hommage à Wladyslaw Znorko, le magicien de La Gare Franche récemment disparu. Wladyslaw Znorko est mort après une vie entièrement concentrée sur son théâtre de lumières et d'ombres. Théâtre visuel et musical, à la croisée des chemins, à mi-distance du réel et du merveilleux. Théâtre céleste où ont eu la chance de se côtoyer, durant plus de trente ans, vieux trains à vapeur, gares égarées à l'autre bout du jour, longues et fameuses nuits, objets familiers, poules, oies et chiens, personnages à la dérive lente, enfin, quelquefois émotifs, sans véritable appartenance et sans destination. Humains errants, en effet, aux vies minuscules et grandioses à la fois. Wladyslaw Znorko est mort, le vent de ses souvenirs traverse notre esprit et le train de sa vie défile sous nos yeux, dans notre coeur.