A la mort de Lucie, sa mère, Marie découvre, dans les affaires de celle-ci, des cahiers quadrillés sur lesquels Lucie avait noté de sa belle écriture penchée « 1939 vacances à La Baule », « 1938 voyage en Alsace » ou ces simples mots « La guerre ». Marie se plonge dans les souvenirs maternels et découvre, longtemps après les événements, la vie de Lucie pendant la guerre: sa nomination à la tête du pensionnat dirigé par son mari, parti se battre; l arrivée de dix petits garçons juifs envoyés par l académie de Paris; l exode; les réquisitions... Marie, loin de ses illusions enfantines, apprend la vérité sur sa mère, cette jeune femme séduisante à son insu, prête à toutes les inconscientes dans le courage et la grâce, pour affirmer ses convictions et protéger les siens. « On repérait tout de suite les nouveaux pensionnaires, le béret vissé sur la tête, l il méfiant, les poings au fond des poches de leur veste neuve. Les anciens, déjà en blouse grise, se poursuivaient dans la cour en criant « Touché! ». Ce désordre n aurait pas plu au directeur. Pour la première fois le directeur, Jacques Garnier, ne recevait pas les parents dans son grand bureau du rez-de-chaussée. La blonde Lucie Garnier, la belle Lucie, comme on l appelait, remplaçait son mari mobilisé ». Biographie: Josette Alia est reporter pour Le Nouvel Observateur. Dans Le Pensionnat, elle ouvre des boîtes à secrets, rassemble et lit des cahiers jaunis par le temps afin de reconstituer la vie de sa mère pendant la Seconde Guerre mondiale. Entre souvenirs et fiction, elle rend hommage à ces femmes, héroïnes discrètes, qui ont dû prendre en main leur destin et celui de leur entourage en l'absence de leur mari.