La lumière monte sur le décor... ambiance nuit, pénombre... une myriade de points lumineux rouges et verts, ce sont les voyants des appareils électriques: répondeur, magnétoscope, pendule digitale, etc. Bruits de passages d'avions à basse altitude. Des clés cliquettent dans la serrure... la porte s'ouvre... une silhouette s'insinue dans la lumière lunaire venant de l'extérieur, la pièce s'éclaire, Cécile Moilont vient d'appuyer sur l'interrupteur. Nous remarquons que les fausses braises électriques de la cheminée et le bouquet de tulipes factices viennent également de s'éclairer. Cécile peut avoir une petite quarantaine, elle porte des lunettes disgracieuses, les cheveux négligés tirés en arrière... elle est vêtue d'un survêtement de sport d'une horrible couleur mauve, plaqué par endroits d'empiècements jaune fluo... la marque «Nike» (ou autre), est en bonne place sur la poitrine et le dos. Elle s'adresse à voix basse à quelqu "un se trouvant à l'extérieur.
CÉCILE - Tu peux y aller...
Elle regarde dehors, à droite puis à gauche.
FRANCIS (bas) - Tu pourrais venir m'aider!
CÉCILE - Non, il vaut mieux que je surveille les alentours...
Un homme essoufflé et suant surgit brusquement, il porte exactement le même survêtement que Cécile, c'est Francis, son mari, légèrement plus âgé.
FRANCIS (râlant) - Je te jure alors! Ça pèse une tonne!
CÉCILE - Arrête de râler... Mets-la dans le garage, on la déballera demain...
FRANCIS (bougon) - Non, non, non! Tu ne veux pas m'aider, d'accord, je me débrouillerai tout seul!
CÉCILE - Je surveille, je te dis, je n'ai pas envie que les voisins nous voient avec ça... (Francis sort puis entre à nouveau en traînant une énorme malle en osier jusqu'au milieu de la pièce. Épuisé, il s'affale sur le canapé.) Tu ne l'ouvres pas?
FRANCIS - Une minute, tu permets... je souffle..."