L'imbécilité des grands de la planète est une source inépuisable. Albert Cossery, maître incontesté et inégalé de la paresse, le démontre une fois de plus dans son huitième roman, qui complète le tableau déjà esquissé des petites gens du Caire. Les heureux élus du cru : un pickpocket-dandy, un passeur de rue (il n'y a pas de sot métier !) et un mendiant se retrouvent bien malgré eux en possession d'une lettre impliquant un richissime promoteur immobilier. Ce trio pétillant, manipulant humour et dérision comme bouclier contre le désespoir et la misère - à l'instar de leur créateur - savourera cette trouvaille magnifique d'une façon plutôt inattendue. Une petite bombe mentale, qui remet en question deux, trois notions jusque-là évidentes de notre vie quotidienne.