À l heure où les modèles de l agriculture industrielle se révèlent insoutenables aussi bien pour l environnement que pour les agriculteurs et les consommateurs, la stratégie d adaptation la plus prometteuse devrait se fonder sur un entretien de la biodiversité des cultures. À contre-courant du modèle productiviste encourageant la standardisation, les pionniers en agroécologie ont développé en quelques années de nouvelles pratiques d utilisation de la diversité cultivée à partir des semences paysannes. C est en essayant d adapter leurs plantes à des systèmes moins intensifs, moins exigeants en énergie et moins polluants qu ils ont établi une autre référence pour l agriculture, non seulement en terme de biodiversité cultivée (environnement, intrants, nutriments...), mais aussi à travers un changement du mode de fonctionnement social. Celui-ci, en total décalage avec les ressorts pratiques de l agroalimentaire de masse fondé sur la rentabilité et la concentration des profits, s appuie sur l échange des variétés et des savoir-faire, la mutualisation et la recherche collaborative. Point d entrée de la reconversion de l agriculture vers le bio, les semences paysannes s imposent comme les premières sources des plantes de demain.