C'est dans la Venise du XVIIIe que l'œuvre de Baffo nous plonge. Les casinis – ou lieux pour couples échangistes – ainsi que les cafés – ou lieux pour gros buveurs – hantent les ruelles. Les uns crient à la décadence ; les autres en profitent. Parmi eux, l'heureux Baffo, que Pascal Dibié n'hésite pas à définir dans sa préface comme un "ethnologue des pornographes", intime révélateur d'une époque. Mais – est-ce parce que Pascal Dibié a fait le choix de réorganiser l'œuvre sous forme thématique ou bien parce que le poète n'a volontairement recours qu'à une langue crue, sans métaphore, et "naturelle" ?, le livre se fait lassant.
D'un con à un cul en passant par un vit, le sexualité paraît bien plate. L'amour de Baffo n'est que grivois. Le plaisir est aussi bien celui de "baiser" que de "chier". Les maquereaux sont des gens bien. Les prostituées des femmes nécessaires. Si l'auteur a décrit une réalité, ce n'est que celle des goujats, ou de ceux que l'on appellerait aujourd'hui des "machos". --Isabelle Rossignol