Le IIIème siècle a rarement été étudié pour lui-même. Il correspond à la période qui s'étend de la chute de la dynastie des Antonins, qui avait incarné un âge d'or du monde romain, au règne de Constantin, premier empereur chrétien. Bien que l'Etat romain fût confronté à un ensemble de forces centrifuges : pressions barbares aux frontières, difficultés économiques, tensions religieuses, il résista à ces menaces d'éclatement au prix d'adaptations opérées dans un contexte militaire souvent périlleux. La formation d'une nouvelle classe dirigeante, une fiscalité et une armée plus efficaces, le développement de l'administration, un pouvoir impérial contrôlant davantage les frappes monétaires et la justice manifestent autant de symptômes de ce que les historiens considéraient autrefois comme un déclin irrémédiable de l'Empire romain. Ne faut-il pas plutôt y voir les signes d'une "modernisation" de l'Etat ?