L'oiseau vient de prendre son envol. L'aube tremble de son départ. La ville ne bouge plus. Les chiens du vent arrivent à proximité des bouches du temps. Orphée a déserté les lignes du guet et la lucidité du malheur. La fin de la fête ressemble à la mort du mensonge. Je regarde ce court long passé que ces livres ne chantent plus. L'art du poème vibre dans l'oeil source du langage. J'ai rencontré Orphée dans la lente agonie du jour juste avant son voyage hors du temps de sa blessure. Ce qu'il m'avait conté était l'opéra d'un chagrin. Mais 1 heure amoureuse est pourtant dans les limbes mêmes du chagrin, prête à revivre. Les gens, les gens, ô les gens ne savent pas, oublient et assassinent cette heure libérante, aventureuse éclairée de l'amour, de son poème et de sa chanson. Leurs veines refusent la nudité d être soi, le silence pour que Dieu vraiment parle au coeur de nos tourments. Faites-vous Orphée plutôt que Narcisse. Faites-vous miel plutôt qu'orgueil. L'oiseau saisi éphémèrement dans ce livre vibre chaque jour dans nos solitudes. L'oiseau, épée vivante de l'offrande amoureuse. C'est pour cela que je parle nu avec un vêtement d'aube troué sur mes épaules.
LES GUÉS
Je mourrai silencieusement avec ce cri dans la gorge je t'aime pour avoir perdu dans la nuit le charme des lumières je parle nu avec un vêtement d'aube troué sur mes épaules la ville comme une jeune fille ne connaît plus l'intelligence d'aimer Dieu regarde les gens avec un sourire très fin l'aube l'eaube profile la mort dans les veines des amants j'ai le regret de ton feu mais le bonheur continuel des attentes dans mon sang Il s'agissait de la mort et du voyage péril des songes du franchissement de leurs gués dans les bouches du temps la parole de l'hiver a vécu dans le naufrage du mensonge et dans ma gorge déssemée le chagrin brûlé par les silences.