Car Israël n'est pas Jérusalem, Reuveny met en scène Tel-Aviv. Là ce n'est pas tant la religion qui mène le débat, mais les militaires, les universitaires, les écrivains. Une tout autre vie. À ce titre, lire les six nouvelles de Yotam Reuveny corrige de façon radicale l'image commune d'Israël. Ici c'est un homme qui épie les militaires dans les toilettes publiques ; en pensant à Pasolini. Là c'est la télévision, allumée la nuit entière pour repousser les angoisses et peupler l'insomnie. Peu d'exotisme donc, sinon dans la teinte particulière de la violence, de la police et de l'armée, du sexe aussi. Dans une langue très poétique, éclairée, Yotam Reuveny parle comme un homme qui, arrêté et regardant passer la foule, demande de bonnes raisons pour reprendre sa place dans le flot.