A travers la Bretagne, on célèbre généralement la mer, oubliant un peu vite le socle armoricain, là où vivent des hommes et des croyances. Tout se passe comme si le tumulte de l'océan semblait étreindre jusqu'à l'étouffer un arrière-pays qui pourtant, dans ses silences, éternellement lui résiste. Et c'est peut-être à quatre lieues des flots qu'a trouvé refuge l'essentiel des songes du rituel breton, dans les Bretagnes de l'intérieur des terres qui sont tout autant des Bretagnes du dedans de l'âme.
En compagnie de leurs amis, le photographe Yvon Boëlle et l'écrivain Philippe Le Guillou, prix Médicis 1997, célèbrent la puissance des éléments, les visages du travail et ceux de la foi, les tendresses de la mémoire. Parmi les cent soixante photographies de cet album figure un travail de cinq années sur les Pardons, des images qui constituent un témoignage exceptionnel sur la vitalité de telles pratiques à la fin du XXe siècle. Elles font du livre Des Bretagnes très intérieures un véritable reliquaire.