À travers des écrits plus ou moins bien connus du peintre, Jean-Paul Morel fait surgir un Cézanne « brut de brut » qui parle avec l'accent du midi, critique vertement la peinture de son époque : « Il y a deux sortes de peintures : la peinture couillarde, la mienne, et celle des ôttres », et cherche à se démarquer du courant dans lequel les critiques et futurs historiens d'art voudraient l'intégrer. En effet, trop souvent assagis par les commentateurs, les propos de Paul Cézanne se révèlent en réalité d'une cruauté implacable. Au-delà des anecdotes grinçantes, transmises par ses entretiens, c'est un portrait inédit, sans puritanisme ni concession hagiographique, qui est ici brossé.