Extrait
Google est une énigme.
Vu de l'extérieur, c'est une success story comme l'Amérique aime à en offrir au monde. Deux surdoués à l'allure cool, lancent une entreprise sur une idée simple et brillante : un moteur de recherche intelligent. Si l'on tape «Victor Hugo», il affiche les sites qui traitent de cet écrivain, de préférence à la pizzeria de l'avenue Victor-Hugo...
Véritable cas d'école en matière de gestion d'entreprise, Google s'est distingué par une approche mesurée, aucunement tapageuse, avec un souci de qualité dans les réponses qui a progressivement fait la différence. C'est essentiellement par le bouche à oreille que les internautes ont adopté ce moteur de recherche californien. Ils ont choisi Google de leur plein gré, estimant qu'ils étaient mieux servis par ce logiciel que par ceux de ses compétiteurs, qu'ils s'appellent Yahoo !, AOL, Microsoft ou Alta Vista. L'efficacité de Google est telle qu'il a délogé tous ses concurrents. Tous ont mordu la poussière. Le petit dernier a même conquis une part de marché que, s'il ne s'agissait d'un service gratuit, l'on pourrait qualifier de monopole.
Google a ainsi réussi un tour de force enviable : devenir la porte d'entrée obligée de centaines de millions d'usagers vers l'immense océan du web et ses milliards de pages. Prérogative extraordinaire que celle de décider, par la force des choses, qui captera ou non l'attention des internautes... Les grands acteurs de l'informatique ont tous rêvé de détenir un tel privilège, et Bill Gates doit parfois se demander comment il a pu laisser échapper une telle occasion d'étendre son empire.