Troublante photographie d'un idéal olympique dévoyé par la loi du plus offrant. Fruit des amours incestueux entre les sphères politiques, économiques et sportives, le cocon du Comité international olympique commence à se fissurer. Et laisse entrevoir, depuis les épisodes des J.O de Salt Lake City et de Sydney, les traits peu reluisants d'une institution "dégénérée". Tel est le constat dressé par Andrew Jennings dans cet essai politique appliqué à un domaine à priori au-dessus de tout soupçon. Ici, tel une mafia, le milieu du sport international est dépeint comme fonctionnant en vase clos, sur la base de luttes d'influence acharnées, corruption et généreux retours d'ascenseur.
L'architecture de l'ouvrage, quant à elle, tend vers le romanesque. Et met en scène quelques-unes des figures les plus contestées à l'intérieur de la bulle du CIO. Son président Antonio Samaranch au coeur du cyclone. Mais le journaliste de nous démontrer que l'affaire du CIO n'est que la partie visible de l'iceberg. Aussi plusieurs pages sont-elles consacrées à l'analyse politico-économique des conditions d'attribution des J.O. Où les gouvernants en prennent pour leur grade. Les masques tombent... Et l'idéal du baron de Coubertin en sort sérieusement mis à mal. J-S Félix