Il s'appelle Sébastien. 27 ans. Célibataire. Fraiseur dans une entreprise d'aéronautique à Niort, dans les Deux-Sèvres. Particularité: passionné de poker. Son rêve? Devenir champion et, pourquoi pas, joueur professionnel. Ce samedi 27 mars, ils sont 350 comme Sébastien à tenter leur chance dans une salle des fêtes parisienne transformée en tripot improvisé. L'enjeu? Cinq places à gagner pour participer à la finale d'un tournoi européen aux îles Canaries, organisé par le site Internet Everest Poker et doté de 100 000 euros de prix. Comme tous les autres, Sébastien s'est qualifié gratuitement sur Internet. Une belle performance puisque 60 000 joueurs en Europe y ont eux aussi mis leurs espoirs. Le poker en ligne est sa principale occupation, son seul et unique loisir. Pas de petite amie pour le rappeler à l'ordre quand il enchaîne les parties, il passe des heures, chaque soir et tous les week-ends, devant l'écran de son ordinateur à tenter de grappiller quelques euros par-ci, quelques centimes par-là. Le voilà maintenant dans le grand bain. Les jetons sont désormais réels. Il a soigné son look: sweat-shirt à capuche, lunettes noires. La panoplie est la même que celle de ses idoles, ces jeunes joueurs d'à peine 20 ans qu'il voit à la télévision s'affronter pour des millions de dollars dans de prestigieux tournois. La partie commence. Il faut se jeter à l'eau. La lutte est acharnée, les coups difficiles à négocier. Malgré toute la passion qu'il met dans les cartes, l'envie de gagner et un mental d'acier, il va rapidement boire la tasse. Une heure de jeu suffit pour que tous ses jetons s'envolent. Sébastien est dépité. «Je suis sorti sur un bad-beat Dommage. C'est le poker!»