Ce petit traité d’un cabaliste du XIIIe siècle aborde une question de toute première importance, à la fois pour la compréhension du texte biblique, mais également pour celle du statut de la “faute” dans le judaïsme. La tradition veut que la “faute” de David avec Bethsabée l’ait empêché de construire de Temple de Jérusalem. Or selon Gikatila, et selon les sages du Talmud, depuis le premier jour de la Création,David était “destiné” à Bethsabée, comme Bethsabée était “destinée” à David. Le mariage terrestre, à ce titre, n’est autre qu’un complément du mariage des âmes. Gikatila propose alors une réflexion du mariage, fondée sur la destination des âmes, leur nature “sexuée”, et l’idée que la seule “faute” qu’on pourrait attribuer à deux âmes destinées l’une à l’autre, c’est leur “empressement” à réaliser leur destin.