Un groupe d'hommes et de femmes de tout âge rassemblés au hasard de leurs pérégrinations, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quand l'Italie retrouve son unité nationale et territoriale. Ils constituent une communauté primitive qui tente d'effacer non seulement la douleur issue de la guerre mais le malheur du monde, la faim, et de se protéger de la violence, de la misère, de la peur... Ces hommes et ces femmes construisent au milieu des ruines, inventent, dans cet après-guerre, de nouveaux rapports, dans le travail et dans la vie quotidienne, entre eux, entre sexes, entre générations, entre provenances sociales et géographiques diverses, entre options politiques ennemies. Le groupe tient un "registre", une sorte de journal... comme s'il s'agissait des actes d'une enquête ou d'un procès. Texte qui a la dimension d'une oeuvre populaire, chorale, comme se veut collective la reconstruction entreprise par les personnages. Le texte de Elio Vittorini est extrait de Le donne di Messina (Les Femmes de Messine). Ce roman a paru pour la première fois en Italie en 1949, mais il a subit d'importants remaniements avant sa version définitive publiée en 1964.