Dans l'introduction qu'il écrit lors de la première publication de son recueil de nouvelles, Robert Graves nous assure que la plupart de ses textes, mêmes ceux qui paraissent les plus invraisemblables, reposent sur des faits authentiques. C'est ainsi qu'il nous livre des expériences pour le moins variées qui reflètent la vie riche en rebondissements d'un homme qui a traversé le siècle et qui a connu la vie dans les tranchées, tout comme la vie dans le grand monde à l'époque édouardienne, les mutations de la capitale ou encore la vie de pensionnaire avec ses blessures et ses humiliations. D'autres récits, tel que Le Cri - adapté à l'écran par Jerzy Skolimovsky et sorti en France sous le titre Le Cri du sorcier (1978) -, quittent les sentiers réalistes pour explorer un univers où se lit la tentation de l'onirisme, voire du surnaturel. Tous ces textes qui côtoient l'insolite, parfois le fantastique, ont en commun d'être habités par une sorte de rire, rire sardonique du démiurge dans le cas du Cri, mais aussi, dans les autres nouvelles, rire libérateur de qui ne veut voir dans son existence qu'une suite de péripéties dont seuls le comique ou le grotesque valent d'être retenus.