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Alors démarre une espèce de road-movie hallucinatoire, tandis que le récit déroule en deux flash-back parallèles le passé des deux copains et le procès de Marc. Un passé qui fait revivre une époque où les ados se prêtaient leurs "biclounes", fumaient encore en cachette et planquaient des magazines interdits derrière les pages de revues plus acceptables pour les parents. Mais aussi des souvenirs d'enfances déglinguées, de jeunesses saccagées par les petites misères de la vie quotidienne sur fond de banlieue grisaille, quand l'horizon donne l'impression d'avoir été peint aux couleurs du béton et de l'ennui… Nuit noire porte bien son titre. Et dit on ne peut mieux la tonalité de ce récit dur et sans concession, où le découpage et les dialogues se font l'écho de deux destinées engagées dans une impasse meurtrière qui paraît inéluctable, comme si tout avait déjà été joué depuis bien longtemps… --Gilbert Jacques