Chez Foscolo, Leopardi, Ungaretti, on trouve une vigilance extrême à l'égard de la langue, outil, terrain, objet de la recherche poétique, produit de cette fiction qui signifie proprement " modelage " ; vigilance, mais aussi acte continu de confiance, refus de s'en prendre aux prétendues " insuffisances " ou à la tant vainement trompetée " décadence " ou " dégénérescence " de la langue. Foscolo, et plus tard Ungaretti, abordent tard aux rivages de la langue italienne ; entre les deux, Leopardi crédite explicitement Foscolo d'une contribution décisive à la formation d'une langue poétique italienne, et constituera pour Ungaretti un point de repère constant et, sur ce plan, un modèle. On a donc suivi Foscolo et Leopardi dans certains aspects de leur réflexion de poètes théoriciens de leur propre pratique ; sont ensuite examinées quelques mises en œuvre ou " applications ", par l'un et par l'autre, de leurs positions critiques. Enfin, sont jointes au dossier des pièces qui montrent comment cette problématique, " classique " en Italie, est demeurée vive et dramatique, et constitue peut-être le fond de la conception moderne de la poésie.