Extrait
Il est là, devant moi, ouvrant le chemin de ma vie.
Je marche, mes pas dans ses pas, sans m'inquiéter, sans réfléchir, je marche.
Et pourtant, consciente du vide qui nous entoure et nous attire, sur cette arête aussi étroite qu'un rail, je marche, droite, sans hésitation et en totale confiance derrière «Celui qui va devant».
La corde qui me relie à lui est tendue juste comme l'exige notre avancée plutôt rapide.
La haute silhouette de mon guide n'est que lumière et soleil !
C'est en voulant le regarder de plus près que je suis sortie de ce rêve magnifique dont je peux interpréter tout de suite la symbolique.
Oui, notre âme nous devance toujours, elle est notre guide. «Celui qui va devant», sait tout de nous, n'ignore rien de nos souhaits, de nos espoirs, de nos intentions. Il chemine d'un pas sûr et assure la voie vers laquelle nous devons aller.
Le Marcheur de l'âme est devenu un «autre moi», je sais qu'à chaque seconde, je peux le trouver. Il est là !
Il me relie, il m'unit à cette Force, cette Puissance invisible. Il est mon attache. Comme il me l'a expliqué, je dois affermir le chemin de la lumière et l'incarner dans mon monde «ici et maintenant».
Je sais. Je le connais, j'ai identifié le Marcheur de l'âme, mon Marcheur de l'âme, «Celui qui me précède» depuis toujours, mon âme divine !
Je croyais connaître ma personnalité, mon ego, mon corps et ses émotions, ses ressentis, ses peines et ses souffrances !
Si l'âme est une fidèle amie, immuable et infinie, toujours présente et à l'écoute, qui connaît tout et qui comprend tout, le corps, lui, est d'une nature à part, une enveloppe, un véhicule et, lorsque l'on croit le comprendre et le maîtriser, il se rebiffe, s'échauffe ou se refroidit !
Je me souviens très bien de ce jour d'hiver où une neige épaisse avait envahi le paysage. J'allais donner des soins à une jeune femme souffrante, dans la montagne. Sa ferme, située au sommet d'une colline était cachée à la vue par une énorme congère. Une petite route, très raide, à peine déblayée et glissante m'avait conduite devant cet amas de neige qui m'obligeait à reculer.
Confiante en ma voiture 4 x 4, j'ai enclenché la marche arrière et amorcé un léger virage pour pouvoir me parquer devant la ferme.
A cet instant-là, le véhicule s'est mis à glisser et j'ai eu très peur !
Je garde de cet incident un sentiment de trahison. Je croyais maîtriser mon véhicule, mais j'ai pris conscience qu'il aurait pu mettre ma vie en danger.