Vol EK004 de Francfort à Bombay via Dubaï. Au comptoir d'enregistrement, le hasard, sous la forme d'une dame aimable mais décidée, ("Non, il ne nous reste plus de place pour vous côté couloir!"), me plaça entre deux femmes assez jeunes. L'une, à peine la vingtaine passée, allait vivre quelques mois dans un ashram de Saï Baba, un des gourous indiens les plus connus en Occident à ce moment-là. Elle voulait approfondir sa connaissance d'elle-même avant de commencer ses études tout en espérant obtenir de l'Hindouisme des réponses à quelques questions essentielles... Non, elle n'avait jamais été en Inde et tout la passionnait. En outre, elle aimait l'aventure. Ma voisine de droite, elle, avait déjà fait plusieurs voyages dans le nord de l'Inde et était littéralement fascinée par la beauté des paysages. Elle voulait profiter de ses vacances pour découvrir de nouvelles contrées et ainsi sortir quelque peu de son train-train quotidien en Allemagne. Elle trouva quelque peu étrange ma question de savoir ce qu'elle pensait de la misère omniprésente dans les quartiers insalubres. Non, elle n'avait encore jamais visité réellement Calcutta ou d'autres grandes villes. Ces deux femmes jugèrent le but de mon voyage -l'inauguration d'un hôpital de campagne dans le sud de l'Inde - très intéressant, mais restèrent plutôt étrangères à la motivation chrétienne sous-jacente à ce projet. Jusqu'à présent, elles n'avaient jamais associé le mot "Inde" à une quelconque vie ou activité chrétienne. Cette conversation me rappelle d'ailleurs mon premier voyage en Inde. Il faut le dire: notre imagination (occidentale) et nos attentes ont peu de rapport avec la réalité de ce pays.