Juillet 2011, ma vie bascule… Au cours d’un examen de routine, le gynécologue découvre un cancer de haute malignité, à un stade très avancé. S’ensuivent l’opération en urgence et une longue course de fond qui durera près de deux ans : 26 séances de chimiothérapie, 31 de radiothérapie. Les effets secondaires du traitement me conduisent dans le dépouillement du corps et de l’âme : perte des cheveux et de toute pilosité, amaigrissement, douleurs physiques, perte de repères. J’ai le sentiment de n’être plus femme, de devenir étrangère à moi-même et aux autres. J’écris, j’écris pour crier d’abord ma révolte et ma volonté de vivre, j’écris pour dire cette souffrance que je croise dans les couloirs de l’hôpital. Et, ainsi, je fais l’apprentissage de l’être. Etre… Je retrouve peu à peu la conscience de ma féminité : "La féminité est avant tout un sens de la féminité, une façon d’être, un regard sur le monde", et je me reconstruis. Par amour. L’amour transcende toutes les peurs, toutes les souffrances ; amour de la vie, de l’être, amour que l’on porte à sa famille, à ses proches, amour de soi… A toutes les guerrières, avec amour…