Du 75ème anniversaire de son indépendance en 1905 à novembre 1918, la Belgique vit une période d'une rare intensité en termes de bouleversements qui l'affectent profondément. Le sursaut de 1914 face à l'invasion allemande est une clé de lecture importante. Alors que l'Europe s'attend à une résistance de principe, la surprise est au rendez-vous : la Belgique résiste. Après la Première Guerre mondiale, la politique belge se démocratise rapidement. La partie de cet ouvrage consacrée à l'entre-deux-guerres traite entre autres de la crise parlementaire des années 1930 et de l'intégration problématique des travailleurs flamands dans le système politique. La nouvelle culture politique qui se met en place après la guerre est aussi évoquée, de même que les changements affectant le paysage des partis, l'impact de la politique étrangère et militaire et le rôle de la monarchie. La partie consacrée à la Seconde guerre mondiale aborde tant les changements politiques qui interviennent en Belgique à cette époque - le gouvernement Pierlot qui s'installe à Londres, Léopold III qui tente vainement de jouer un rôle, les secrétaires généraux qui dirigent le pays mais doivent tenir compte des exigences de l'administration allemande - que la réaction du peuple belge face à l'Occupation - tandis que l'immense majorité s'accommode de l'Occupation, un petit groupe collabore avec les Allemands et un autre se rebelle contre ceux-ci. Les années de la régence (1944 - 1950) apportent de profondes mutations au pays. La question royale, le vote des femmes, la reconstruction économique, des tensions en matière linguistiques ou scolaires constituent autant d'éléments qui modifient sensiblement le paysage politique et social. Au-delà, la politique étrangère de la Belgique connaît un changement de cap, l'interdépendance se substituant à l'indépendance et à la neutralité.