Au tournant des années 50, Bruxelles est brièvement au cœur du monde. Le message de foi en l'avenir de l'exposition universelle de 1958 est pourtant lancé d'une ville qui va, dans les décennies suivantes, traverser de grandes turbulences: la fixation de la frontière linguistique en 1962, puis les réformes de l'État entreprises dès le début des années 70 font de Bruxelles et de son agglomération un enjeu politique durable.
C'est 25 ans plus tard que cette ville trouve sa place dans un État belge remodelé. Entre-temps, beaucoup de choses y ont changé. Capitale d'un pays qui se fractionne, Bruxelles est devenue la capitale de fait de l'Europe en construction.
Définie, de plus en plus, par des situations et des événements qui lui sont extérieurs, la métropole bruxelloise de l'an 2000 - capitale européenne de la culture - n'est plus celle de 1958. Habitants, statut, poids économique et politique, réalité sociale: tout, ou presque, est différent.
D'où vient le "fait bruxellois', ce caillou dans la chaussure du fédéralisme belge? Comment Bruxelles a-t-elle pu devenir quatre fois capitale? Quels liens et quels écarts entre 1958 et 2000? Les réponses traversent cet ouvrage.