La chronique de Jean le Bel, canevas sur lequel Froissart broda ses propres chroniques, est un des meilleurs témoignages de l'historiographiede la Guerre de Cent Ans. On y voit comment l'Histoire, culture des peuples, mythologie de l'homme moderne, se reflète d'abord dans des miroirs humains.
De l'éthique à l'esthétique, de la vision de l'événement à la perception de la durée, de la représentation des groupes sociaux à la peinture des individus, Jean le Bel se révèle comme uneconscience de son temps. Les tableaux courtois ou pathétiques, les anecdotes guerrières ou souriantes de ce talentueux gardien de la mémoire collective nous montrent comment l'aventure se fait folklore, l'événement devient référence culturelle, le vif de l'action humaine se change en matière historique.