Elle s'appelle Cassy Peerson. Elle vit dans une Chevrolet 57. Elle travaille comme sirène dans un club de strip-tease. Heureusement pour elle, car il n'y a qu'au fond de l'eau qu'elle se sente bien. Du fond de son aquarium, elle peut regarder droit dans les yeux cet homme, à l'autre bout du bar, qui vient tous les soirs pour la voir et qui est loin d'être rassurant. Du fond de l'eau, elle peut revoir sa vie. Son enfance, avec sa mère, d'abord dans une étable baignée par le souffle chaud des vaches mortes. Puis la route. Puis tous les mecs tordus qu'elle a connus, ceux qui lui ont couru après, ceux qui lui ont tapé dessus, ceux dont l'odeur tiède et boisée lui a donné l'envie de s'allonger et de la respirer jusqu'à la fin des temps. Dans Sextant, Maya Merrick explore pour nous un nouveau territoire de fiction. Celui de la rue, de l'exclusion, des créatures de la nuit, des enfants pour qui la drogue et le sexe sont des voies de fuite mille fois empruntées. Tableau d'une époque et d'une génération, si l'on veut, son roman n'est surtout pas un réquisitoire, car c'est à travers des moyens purement littéraires qu'elle nous invite à nous immiscer dans la peau de Cassy Peerson.