L'ampleur des moyens utilisés par les institutions mandatées pour la prévention de la maladie et la promotion de la santé n'est pas sans soulever de multiples enjeux éthiques. Les valeurs favorisant le bien-être et le bien commun, la bienfaisance ou l'utilité, au nom desquelles sont mises en oeuvre des interventions pour encourager de saines habitudes de vie, sont susceptibles d'entrer en conflit avec celles associées au respect de l'autonomie du citoyen, à la liberté de choix ou à la non-malfaisance. Éthique et santé publique présente aux scientifiques sociaux, aux éthiciens, mais surtout aux professionnels de la santé publique, un portrait d'ensemble des principaux enjeux éthiques qui découlent des potentielles dérives paternalistes, du mirage de certitudes épidémiologiques et de la raison instrumentale. Les valeurs en jeu à travers la communication du risque, la répartition du fardeau des interventions et de la recherche, l'étiquetage social des populations ciblées ou la moralisation des comportements à risque sont ici au coeur du sujet. Cet ouvrage propose un modèle d'analyse de ces enjeux fondé sur l'arbitrage d'une liste de valeurs phares présentées comme autant de balises définissant les justifications et les limites des interventions. Ce travail d'arbitrage devrait donc s'inscrire dans une éthique de l discussion ouverte à l'ensemble des acteurs sociaux concernés Biographie de l'auteur Raymond Massé, anthropologue de formation, enseigne l'anthropologie de la santé à l'Université Laval. Il est professeur titulaire au Département d'anthropologie dont il est le directeur depuis 2002. De 1983 à 1994, il fut chercheur à la Direction de la santé publique de Montréal-Centre. De 1998 à 2002, il a coordonné le Groupe Éthique et santé publique du Réseau Ethique clinique du Fonds de recherche en santé du Québec. Son principal champ de recherche concerne les contributions de l'anthropologie sociale et culturelle à la santé publique Jocelyne Saint-Arnaud, philosophe de formation, enseigne l'éthique à la Faculté des sciences infirmières et au programme de bioéthique de l'Université de Montréal où elle est professeure titulaire