L olympisme et la politique n ont jamais été très éloignés l un de l autre. Dès le début de l histoire des Jeux, son rénovateur Pierre de Coubertin a dû uvrer afin que certains hommes politiques s y intéressent et que d autres ne lui volent pas son idée. Puis, peu à peu, avec leur succès grandissant, les Jeux olympiques ont fait l objet, certes de batailles sportives, mais aussi d affrontements politiques. Durant la guerre froide, chaque camp voulait montrer sa supériorité à travers les succès de ses athlètes. L arrivée des Soviétiques aux Jeux d Helsinki en 1952 a complètement changé la donne dans un univers où les Américains étaient jusque-là rayonnants et intouchables. La montée en puissance des pays de l Est, les victoires des athlètes de la RDA étaient « chargées » d un message politique plus encore que le boycott des Africains en 1976, des Américains en 1980 et celui des Soviétiques en 1984. La popularisation du sport et l arrivée de l argent dans l olympisme font de l organisation du plus grand événement sportif mondial un enjeu très important. Dès lors, il ne suffit plus d avoir le meilleur projet pour les sportifs, il faut également convaincre les membres du CIO du bien-fondé de l offre qui leur est faite. L olympisme n est plus seulement un univers sportif, mais devient l objet de man uvres politiques, diplomatiques, marketing, financières qui débouchent parfois sur la corruption. Les chefs d État des plus grandes nations viennent défendre les candidatures de leurs villes aux Jeux olympiques. On n hésite plus à naturaliser des athlètes à coup de millions pour figurer en bonne place au tableau des médailles. Avec les Jeux de Pékin, l olympisme devient un produit stratégique qui permettrait aux Chinois, du moins ils l espèrent, de dominer le monde. Biographie: Alain Lunzenfichter: Il participe à son premier marathon en 1972. Devenu journaliste, il crée la revue Courir et entre en 1975 au journal L'Équipe pour lequel il réalise des centaines de reportages sur le sujet et couvre les plus grands événements planétaires. Il est en 1993 vice-président de la Commission fédérale de course sur route et crée en 1981, avec d'autres, l'Association des organisateurs de marathon. Longtemps athlète de niveau national, Alain Lunzenfichter est aujourd'hui rédacteur en chef adjoint au quotidien L'Équipe. Il est également à partir de 1988 un membre efficace de l'Union syndicale des journalistes français et devient président de la section parisienne puis secrétaire général du National durant six ans. Premier vice-président de l'USJSF, sa connaissance du sport international et du journalisme l'a bien sûr orienté vers l'Association internationale de la presse sportive en 1993. Depuis cette date, ce spécialiste de la politique olympique est devenu membre du Comité exécutif de l'AIPS et en 1997 son premier vice-président, poste qu'il occupe toujours aujourd'hui. Marie Lunzenfichter: Étudiante à Sciences Po Rennes, Marie Lunzenfichter s'intéresse depuis très longtemps aux relations parfois sulfureuses entre l'olympisme et la politique.