Honni par une droite réactionnaire qui se cherche une identité, célébré par une gauche intellectuelle qui a pourtant tardé à en entreprendre l'étude, le genre fait toujours polémique. En désaccord avec les uns et les autres, Geneviève Fraisse s'emploie à explorer la promesse conceptuelle propre à ce nouvel objet philosophique, dans la droite ligne de ses travaux sur l'émancipation des femmes et l'égalité des sexes. " Genre " est un mot en excès, car la question qu'il traite – l'égalité des sexes et la sexualité humaine – déborde toujours l'ordre établi.
Il sera aussi question de Vérité, en un temps où binarité et multiplicité des sexes font face à l'exigence " queer " qui cherche à se définir.
Geneviève Fraisse
Directrice de recherche émérite au CNRS, philosophe, elle a publié de nombreux ouvrages sur la pensée féministe, dont La Sexuation du monde (Presses de Sciences-po, 2016), Du consentement (Seuil, 2007 ; nouv. éd., 2017) et Le Privilège de Simone de Beauvoir (2008 et Gallimard, " Folio Essais ", nouv. éd., 2018).
Notice biographique :
Geneviève Fraisse est directrice de recherches au CNRS. Elle a publié, depuis les années 1970, de nombreux ouvrages sur la pensée féministe. Elle a cofondé, en 1975, la revue Les Révoltes logiques avec Jacques Rancière et participé en 1984 à la création du Collège international de philosophie (CIPH). Elle a été déléguée interministérielle aux Droits des femmes auprès du Premier ministre (1997-1998) puis députée européenne (de 1999 à 2004).