Tableau-testament et manifeste posthume de Pierre Guérin
(1774-1833), La Mort de Priam est la réponse la plus
spectaculaire qu'un représentant de la tradition ait tenté
d'apporter à la crise du classicisme au tournant des années
1530. Restée inachevée à la mort de l'artiste, gardée à l'abri
des regards avant d'être donnée au musée d'Angers en 1562,
l'oeuvre est passée à peu près inaperçue jusqu'à sa récente
restauration. Le musée d'Angers propose de reconsidérer un
moment crucial de la peinture d'histoire française, longtemps
occulté par le rayonnement du romantisme. C'est aussi
l'occasion d'interroger le mythe absolu de la chute de Troie
chanté par Homère, sublimé par Virgile, et qui hante
l'imaginaire des artistes du siècle des Lumières au siècle des
révolutions. La Dernière Nuit de Troie retrace ainsi l'Histoire
des représentations de l'Antiquité violente, depuis le moment
où ce thème devient constitutif de la modernité davidienne
jusqu'à son ultime expression à l'aube du modernisme pictural.