Depuis 1975, le Louvre conserve une lumineuse peinture de
Thomas Cole (1801-1848), La Croix dans la contrée sauvage,
qui marque l'aboutissement de sa réflexion autour de la
représentation d'un certain type de paysage américain, la
Wilderness, archétype mythique d'une nature grandiose et
intacte. Il suivait en cela la jeune littérature américaine, dont
Le Dernier des Mohicans, paru en 1826. Cette peinture est
riche aussi de ses références à l'art du vieux continent, dont
Cole, né en Angleterre et plusieurs fois retourné en Europe,
connaît bien les différentes écoles. Elle est un jalon dans son
oeuvre, pénétré de l'art de Claude Lorrain et de Turner en
particulier, tant par sa délicate analyse de la lumière que par sa
scénographie, particulièrement originale. Guillaume Faroult
entend ici dénouer le faisceau complexe de solutions variées
qui féconde l'oeuvre sous son apparente et lumineuse
simplicité.