Face à un monde tendant à l'uniformisation et à la
globalisation, l'on peut défendre l'expérience interculturelle et
dialogique. Toutefois, si cette dernière permet d'échapper au
spectre de l'imposition d'un système à d'autres, qu'appelle-t-
elle en termes de prise de distance avec soi, de désarmement
culturel, d'ouverture à l'autre ? Et en quoi cette entreprise peut-
elle permettre de penser/panser le monde ? Quels sont ses
prolongements si on parle de paix et d'apprentissage, de
responsabilité et de courage ? Autant d'équations auxquelles
C. Eberhard intègre un dernier élément: le détour par les
fondements du bouddhisme tibétain. Recueillant quatre études,
qui elles-mêmes décrivent quelque vingt ans de réflexion, ce
nouvel ouvrage de C. Eberhard se veut le moyen de décentrer
nos regards par trop occidentaux sur des questions cruciales en
nous invitant à considérer d'autres points de vue. Non pas pour
affirmer que ceux-ci sont supérieurs ou valent mieux. Mais
bien pour faire entendre qu'il n'existe pas de hiérarchie entre
les traditions, et que nous nous situons à un moment où celles-
ci doivent se rencontrer, s'inspirer, faire retour sur elles-
mêmes, pour retirer de ceci les moyens de résoudre les
problématiques modernes. Aspiration pour le moins noble, qui
innerve un essai aux éclairages radicalement neufs.