Qu'en est-il de la prise en compte des personnes en situation de grande dépendance, affectées par un handicap complexe, un multi, pluri, poly-handicap, une psychose déficitaire grave, une épilepsie sévère avec des troubles associés, des séquelles lourdes de traumatisme crânien... ? Cette population est à ce point peu considérée qu'il est malaisé de trouver à son propos un nom générique commun. Comment l'évolution des mentalités et des législations, prônant l'inclusion et la participation sociales, reconnaît-elle ces personnes dans l'impossibilité de formuler elles-mêmes leur projet de vie ? Longtemps reléguées dans les services les plus isolés des institutions psychiatriques, longtemps parents pauvres des institutions médico-sociales, souvent cachées de l'environnement social, ces personnes très dépendantes sont-elles encore les laissées-pour-compte des politiques en faveur des personnes en situations de handicap, abandonnées au fond des oubliettes de la société ? Quels dispositifs d'accueil et d'accompagnement penser, proposer et défendre pour éviter la mise à l'écart, pour permettre à ces personnes de passer du vivre à l'exister ? Quelles pratiques imaginer pour rendre possibles rencontres et interactions avec elles ?