Nous sommes en juin 2006. Samy Naceri purge à Fresnes sa cinquième incarcération. Enfin décidé à se « ranger des voitures », il se remémore les faits qui l'ont une fois encore amené derrière les barreaux… Sans complaisance aucune, il refait le parcours à l'envers. Il revoit le petit deux-pièces du 4e arrondissement de Paris qu'il partageait avec ses parents et ses cinq frères et soeurs avant que les Halles n'émigrent pour la banlieue. Puis c'est la HLM dans la Zup de Fontenay-sous-Bois. Samy, qui s'appelle encore Saïd, n'aime pas l'école. Il sèche très vite les cours et préfère courir à Paris avec deux copains. C'est le temps des petits larcins. A 16 ans, complètement déscolarisé, il s'essaie sans conviction à divers petits boulots. Ses grands frères ayant quitté le foyer, le reste de la famille s'installe à Belleville. Samy vit alors très mal le départ de son père qui abandonne femme et enfants pour vivre une autre vie. Désormais le jeune homme va désespérément chercher à le remplacer. A 20 ans, il tombe dans la drogue, s'acoquine avec des petits truands, participe à son premier hold-up. Il sera le seul à se faire prendre. Il refuse de balancer et prend 4 ans ferme. Samy a toujours rêvé de faire du cinéma. A sa sortie de prison, il commence à courir les castings. Il s'entête. Et enfin, la chance lui sourit. Après avoir décroché quelques figurations, il rencontre Olivier Dahan, puis Thomas Gilou qui lui confie un des rôles principaux de Raï. Sa carrière est lancée. Trois ans plus tard, c'est LA grande rencontre avec Luc Besson qui lui offre à quatre reprises le volant du fameux Taxi marseillais. Samy connaît la gloire, l'argent et les honneurs. Il est monté très haut. Trop haut? Il va se brûler les ailes. Ses vieux démons, la drogue, l'alcool, sont toujours là. Samy a l'art de s'embrouiller. Il part vite en vrille. On parle plus de lui dans la rubrique « faits divers » que dans les pages « Cinéma » des journaux. Par trois fois, il effectuera de courts séjours en prison. Jusqu'à cet ultime dérapage en 2008. Derrière ses barreaux, à Fresnes, Samy sait qu'il a usé « tout son bonus ». Il décide d'arrêter « les conneries ». Il va remonter la pente, il en fait le serment pour Julian, son fils. Une femme lui a écrit de Perpignan. Elle est venue le voir en prison. Elle l'attend à sa sortie. Pour elle, pour Julian, et aussi pour lui, à 49 ans, Samy Naceri s'engage sur le chemin de la rédemption…