Quand le psychologue Charles Mbemba voit débouler dans son bureau cette jeune femme raide, toute en nervosité et vacillations, il comprend instantanément que la présente thérapie ne sera pas conventionnelle. C’est déjà Yéléna Dossou que l’on suit, cassée, au langage définitivement altéré par le mal agir d’un père par trop exigeant. D’une confession à l’autre, de l’invocation des souvenirs, de ce qui est taillé pour froisser le quotidien et le rendre infiniment sinueux, la parole émerge, réparatrice. Fil tendu d’une parole comprimée et contenue, bouillonnante ; à sa libération, " L’Ombre de Kimbala " marque de par son authenticité, tournée vers l’entreprise implicite que ce roman suggère : révoquer les outils du mal-être, les pères dilettantes, les autorités putatives dont on ne sait trop quel détour les a entraînés jusqu’à les rendre " responsables ".